Témoignage d’une opération publicitaire à l’UVSQ en février 2008

Site de l’UFR des Sciences Humaines et Sociales:

Des jeunes femmes à l’accoutrement de pom pom girls, en jupes courtes, toutes vêtues de bleu foncé, sont venues à l’université pour faire la promotion d’une boisson dite « énergisante ». Elles ont traversé le hall Vauban et remettaient à chacun-e une canette qu’elles prenaient soin d’ouvrir, si bien qu’il fallait la boire dans l’immédiat.

Je me suis précipitée à l’accueil pour prévenir les agents d’accueil et de sécurité. Les agents de la sécurité avaient tous une canette à la main. Je leur ai parlé. Leur ai dit que c’était  interdit. Que c’était de la pub, à l’université. Ils ne voyaient pas le problème, tout sourire, doublement contents: d’avoir eu une canette gratuite, de la part d’une belle femme.

Je me suis rendue à l’étage de l’administration. Etant investie dans la vie associative de l’université, je connaissais bien le personnel. J’ai frappé à la porte d’une responsable administrative de l’UFR (je ne me souviens plus du titre exacte). Elle a vu rouge à mon récit d’une opération publicitaire à la fac. Elle a aussitôt pris son téléphone pour appeler l’accueil et leur dire d’intervenir. Je comprends que les agents d’accueil lui disent ne pas être au courant.

Elle est descendue avec moi à l’accueil. Les agents n’étaient pas très à l’aise. Plus aucun n’avait de canette en main. Ils ont baragouiné qu’ils n’avaient pas vu mais qu’ils allaient voir. Elle leur a demandé d’être vigilant et d’intervenir si cela se reproduisait.

Les jeunes femmes de l’opération publicitaire n’étaient plus là. J’ai montré à cette responsable administrative les étudiant-e-s dans le hall tenant tou-te-s cette même canette ouverte.

Elle m’a dit que j’avais bien fait de la prévenir. Elle avait vraiment été à l’écoute et pris la chose au sérieux

Site de l’UFR de Sciences Juridique et Politique:

J’ai pris connaissance qu’une action similaire avait eu lieu à l’UFR SJP.

J’en discute alors avec un de mes professeurs qui avait des responsabilités dans cet UFR. Il me répond qu’il ne voyait pas le problème, qu’il avait vu les jeunes femmes distribuer les canettes et qu’il trouvait ça sympa.

Je lui rappelle que c’est une opération publicitaire d’une entreprise dans l’enceinte de l’université et que c’est interdit. Là, il prend conscience.

J’avais écris un article dans l’ESQIV, un journal étudiant, pour dénoncer cette intrusion mercantile illégale dans l’université et alerter sur les risques sanitaires de cette nouvelle boisson distribuée. Je n’avais pas voulu dénoncer l’absence de réaction du personnel et des enseignants car j’avais eu l’occasion de le faire de vive voix. Je ne pensais pas les attaques personnelles utiles et constructives. Et les personnes qui dans un premier temps avaient apprécié cette distribution gratuite par des femmes habillées court, m’apparaissaient plutôt comme les victimes d’une stratégie.

ÉliseAyrault

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